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La montagne en apparition, elle, n'est en relation avec rien, et cela
sans déni. Elle est l'Un-tout sans reste, comme est, à la limite, en
poésie, le mot : hors discours, convoquant tout le "à dire" par la force
de la nomination.
Son apparaître n'a rien à voir non plus avec "la présentation que donne
de soi l'étant fini déjà venu à paraître". Non seulement elle n'est
absolument pas "déjà venue", mais il est faux de dire que, présente,
elle offre une image d'elle-même. Un tel dédoublement interne, qui en
rend possible le modèle et la répétition abolirait en elle le moment de
réalité. Mais l'imagination la plus pure ne dissout pas l'énigme de son
apparaître. Son surgissement ne signifie pas "sa venue dans l'ouvert,
entre ciel et terre... dans l'espace et le temps intervallaires".
L'espace de la montagne est lui-même le "entre" dans l'ouverture duquel
seulement et le ciel et la terre et leur intervalle ont ouverture à soi.
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Henri Maldiney, Montagne (frag.),
Ouvrir le rien, l'art nu (2000) p.37