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5 janv. 2020



 ... l'image - aussi dégradée qu'on puisse la concevoir - est en elle-même porteuse d'un sens qui n'a pas à être recherché en dehors de la signification imaginaire. C'est finalement le sens figuré qui seul est significatif, le soi-disant sens propre n'étant qu'un cas particulier et mesquin du vaste courant sémantique qui draine les étymologies. (p. 19)

(...) toute pensée repose sur des images générales, les archétypes, "schémas ou potentialités fonctionnelles" qui "façonnent inconsciemment la pensée"... l'imagination est dynamisme organisateur, et ce dynamisme organisateur est facteur d'homogénéité dans la représentation... (p. 20)

- le jaillissement luxuriant des images, même dans les cas les plus confusionnels, est toujours enchaîné par une logique, fût-elle une logique appauvrie, une logique de "quatre sous".
On peut dire que le symbole n'est pas du domaine de la sémiologie, mais du ressort d'une sémantique spéciale, c'est-à-dire qu'il possède plus qu'un sens artificiellement donné, mais  détient un essentiel et spontané pouvoir de retentissement. (p. 21)

La première conséquence importante de cette définition du symbole, c'est l'antériorité tant chronologique qu'ontologique du symbolisme sur toute signifiance audio-visuelle (...) Le plan primitif de l'expression, dont le symbole imaginaire est la face psychologique, c'est le lien affectivo-représentatif... plan où se situe - comme le confirme la psychologie génétique - le langage de l'enfant (...), plan du symbole même, qui assure une certaine universalité dans les intentions du langage d'une espèce donnée, et qui place la structuration symbolique à la racine de toute pensée. (p. 21)

- ... il faut nous placer délibérément dans ce que nous appellerons le trajet anthropologique, c'est-à-dire l'incessant échange qui existe au niveau de l'imaginaire entre les pulsions subjectives et assimilatrices et les intimations objectives émanant du milieu cosmique et socal... nous postulerons une fois pour toutes qu'il y a genèse réciproque qui oscille du geste pulsionnel à l'environnement matériel et social, et vice versa... Finalement l'imaginaire n'est rien d'autre que ce trajet dans lequel la représentation de l'objet se laisse assimiler et modeler par les impératifs pulsionnels du sujet, et dans lequel réciproquement, comme l'a magistralement montré Piaget, les représentations subjectives s'expliquent "par les accomodations antérieures du sujet" au milieu objectif. (p. 31)

- On peut dire, en paraphrasant l'équation de Lewin, que le symbole est toujours le produit des impératifs bio-psychiques par les intimations du milieu. (p. 32)

- Pour délimiter les grands axes de ces trajets anthropologiques que constituent les symboles, nous sommes amené à utiliser la méthode toute pragmatique et toute relativiste de convergence qui tend à repérer de vastes constellations d'images, constellations à peu près constantes et qui semblent structurées par un certain isomorphisme des symboles convergents. (p. 33)

- ... prenons comme hypothèse de travail qu' il existe une étroite concomitance entre les gestes du corps, les centres nerveux et les représentations symboliques. (p. 43)

- Bien loin que ce soit une censure et un refoulement qui motive l'image et donne sa vigueur au symbole, il semble au contraire que ce soit un accord entre les pulsions réflexes du sujet et son milieu qui enracine d'une façon si impérative les grandes images dans la représentation et les leste d'un bonheur suffisant pour les perpétuer. (p. 44)

- ... chaque geste appelle à la fois une matière et une technique, suscite un matériau imaginaire, et sinon un outil, du moins un ustensile. C'est ainsi que le premier geste, la dominante posturale, exige des matières lumineuses, visuelles et les techniques de séparation, de purification dont les armes, les flèches, les glaives sont les fréquents symboles. Le second geste, lié à la descente digestive, appelle les matières de la profondeur : l'eau ou la terre caverneuse, suscite les ustensiles contenants, les coupes et les coffres, et incline aux rêveries techniques du breuvage ou de l'aliment. Enfin les gestes rythmiques, dont la sexualité est le modèle naturel accompli, se projettent sur les rythmes saisonniers et leur cortège astral en annexant tous les substituts techniques du cycle : la roue comme le rouet, la baratte comme le briquet, et finalement surdéterminent tout frottement technologique par la rythmique sexuelle. (p. 46)

-  ... nous sommes parti d'une conception qui postule le sémantisme des images, le fait qu'elles ne sont pas des signes, mais contiennent matériellement en quelque sorte leur sens. (p. 50)

- ... nous demandons modestement que l'on sache faire la part de la cigale à côté du fragile triomphe de la fourmi. Car la véritable liberté et la dignité ontologique des personnes ne reposent que sur cette spontanéité spirituelle et cette expression créatrice qui constitue le champ de l'imaginaire. Elle est tolérance de tous les régimes de l'esprit, sachant bien que le faisceau de ces régimes n'est pas de trop à cet honneur poétique de l'homme qui consiste à faire échec au néant du temps et de la mort. (p. 464)

- Et c'est bien l'imaginaire qui apparaît comme le recours suprême de la conscience, comme le coeur vivant de l'âme dont les diastoles et les systoles constituent l'authenticité du cogito. Ce qui soustrait le "je pense" à l'insignifiance de l'épiphénomène ou au désespoir de la néantisation n'est pas autre chose que ce "pour soi" euphémisant révélé par l'étude de l'imaginaire, et contre lequel aucune objectivité aliénante et mortelle ne peut finalement prévaloir. (p. 467)
- Ce qui leste d'un poids ontologique le vide sémiologique des phénomènes, ce qui vivifie la représentation et l'assoiffe d'accomplissement, c'est ce qui a toujours fait penser que l'imagination était la faculté du possible, la puissance de contingence du futur (...) non seulement on vit et l'on meurt pour des idées, mais la mort des hommes est absoute par des images (...) Que seraient les Argonautes sans la lyre d'Orphée ? Qui donnerait la cadence aux rameurs ? Y aurait-il même une Toison d'Or ? (p. 467-468)




Gilbert DURAND, Les Structures anthropologiques de l'imaginaire : introduction à l'archétypologie générale, PUF, 1963 (Introduction et conclusion, passim)

28 mars 2016

LIBER STUDIORUM 

 J.M.W. TURNER

Joseph Mallord William Turner ‘Frontispiece, engraved by J.C. Easling’, 1812 

Joseph Mallord William Turner ‘Bridge and Cows, engraved by Charles Turner’, 1807 

Joseph Mallord William Turner ‘Woman and Tambourine, engraved by Charles Turner’, 1807 
  
  Joseph Mallord William Turner ‘Scene on the French Coast, engraved by Charles Turner’, 1807 

  Joseph Mallord William Turner ‘Basle, engraved by Charles Turner’, 1807 

  Joseph Mallord William Turner ‘Jason, engraved by Charles Turner’, 1807 

 Joseph Mallord William Turner ‘The Straw Yard, engraved by Charles Turner’, 1808 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Castle above the Meadows, engraved by Charles Turner’, 1808 

Joseph Mallord William Turner ‘Mt St Gothard, engraved by Charles Turner’, 1808 
 
Joseph Mallord William Turner ‘Ships in a Breeze, engraved by Charles Turner’, 1808 

 Joseph Mallord William Turner ‘Holy Island Cathedral, engraved by Charles Turner’, 1808

 Joseph Mallord William Turner ‘Pembury Mill, Kent, engraved by Charles Turner’, 1808 

 Joseph Mallord William Turner ‘The Bridge in Middle Distance, engraved by Charles Turner’, 1808
 
Joseph Mallord William Turner ‘Dunstanborough Castle, engraved by Charles Turner’, 1808 
  
Joseph Mallord William Turner ‘Lake of Thun, engraved by Charles Turner’, 1808 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Fifth Plague of Egypt, engraved by Charles Turner’, 1808 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Farm-yard with the Cock, engraved by Charles Turner’, 1809 
  Joseph Mallord William Turner ‘Drawing of the Clyde, engraved by Charles Turner’, 1809 
  Joseph Mallord William Turner ‘Little Devil’s Bridge, engraved by Charles Turner’, 1809 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Leader Sea Piece, engraved by Charles Turner’, 1809

  Joseph Mallord William Turner ‘Morpeth, engraved by Charles Turner’, 1809
 
Joseph Mallord William Turner ‘Juvenile Tricks, engraved by William Say’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘Temple of Minerva Medica, engraved by Robert Dunkarton’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Coast of Yorkshire, engraved by William Say’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Hind Head Hill, engraved by Robert Dunkarton’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘London from Greenwich, engraved by Charles Turner’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘Windmill and Lock, engraved by William Say’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Junction of the Severn and the Wye’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Marine Dabblers, engraved by William Say’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘Near Blair Athol Scotland, engraved by William Say’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Lauffenburgh on the Rhine, engraved by Thomas Hodgetts’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘Young Anglers, engraved by Robert Dunkarton’, 1811 

 Joseph Mallord William Turner ‘St Catherine’s Hill near Guildford, engraved by J.C. Easling’, 1811 

  Joseph Mallord William Turner ‘Martello Towers near Bexhill, Sussex, engraved by William Say’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Inverary Pier. Loch Fyne. Morning’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘From Spenser’s Fairy Queen, engraved by Thomas Hodgetts’, 1811 
  Joseph Mallord William Turner ‘Water Mill, engraved by Robert Dunkarton’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Scene in the Campagna, engraved by William Say’, 1812 
 
Joseph Mallord William Turner ‘The Crypt of Kirkstall Abbey’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘The Mildmay Sea Piece, engraved by Wiliam Annis and J.C. Easling’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘Procris and Cephalus, engraved by George Clint’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Winchelsea, Sussex, engraved by J.C. Easling’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘Bridge and Goats, engraved by F.C. Lewis’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘Calm’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Peat Bog, Scotland, engraved by George Clint’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Rispah, engraved by Robert Dunkarton’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Hedging and Ditching, engraved by J.C. Easling’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘River Wye, engraved by W. Annis’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘Chain of Alps from Grenoble to Chamberi, engraved by William Say’, 1812 
  Joseph Mallord William Turner ‘Mer de Glace’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Rivaux Abbey, engraved by Henry Dawe’, 1812 

  Joseph Mallord William Turner ‘Solitude, engraved by William Say’, 1814 

  Joseph Mallord William Turner ‘Mill near the Grand Chartreuse, engraved by Henry Dawe’, 1816 

 Joseph Mallord William Turner ‘Entrance of Calais Harbour’, 1816 
 
Joseph Mallord William Turner ‘Dumblain Abbey, Scotland, engraved by Thomas Lupton’, 1816 

  Joseph Mallord William Turner ‘Norham Castle on the Tweed, engraved by Charles Turner’, 1816 
  Joseph Mallord William Turner ‘Berry Pomeroy Castle’, 1816 

 Joseph Mallord William Turner ‘Ville de Thun, engraved by Thomas Hodgetts’, 1816 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Source of the Arveron’, 1816 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Tenth Plague of Egypt, engraved by William Say’, 1816 

  Joseph Mallord William Turner ‘Water Cress Gatherers, engraved by Thomas Lupton’, 1819 

  Joseph Mallord William Turner ‘The Alcove, Isleworth’, 1819 

Joseph Mallord William Turner ‘Bonneville, Savoy’, 1816  

Joseph Mallord William Turner ‘Inverary Castle and Town, Scotland, engraved by Charles Turner’, 1816 

Joseph Mallord William Turner ‘Aesacus and Hesperie’, 1819 
  Joseph Mallord William Turner ‘East Gate, Winchelsea, Sussex, engraved by S.W. Reynolds’, 1819 
  Joseph Mallord William Turner ‘Isis, engraved by William Say’, 1819 
  Joseph Mallord William Turner ‘Ben Arthur, Scotland, engraved by Thomas Lupton’, 1819 

  Joseph Mallord William Turner ‘Interior of a Church’, 1819 
  Joseph Mallord William Turner ‘Christ and the Woman of Samaria’, 1819 
  Joseph Mallord William Turner ‘Glaucus and Scylla’, date not known 
  Joseph Mallord William Turner ‘The Stork and Aqueduct’, date not known 
  Joseph Mallord William Turner ‘Moonlight at Sea’, date not known 
  Joseph Mallord William Turner ‘Flounder Fishing, Battersea’, date not known 

 Joseph Mallord William Turner ‘Sandbank and Gypsies’, date not known
 
Joseph Mallord William Turner ‘Solway Moss, engraved by Thomas Lupton’, 1816